Après les 10 des signes qui montrent qu’on est devenus parents, voici un nouveau top 10, spécialité mère au foyer pour la plupart, option loosette pour certains.

Le triangle des Bermudes dans l’appartement

Quand on était deux, on était déjà confrontés au problème bien connu de la chaussette disparue, rendant inutilisable celle restée fidèle au poste. A présent, à quatre, on a doublé les effectifs des chaussettes : la probabilité d’en égarer a logiquement doublé elle aussi. A ceci près que ces nouvelles arrivantes sont en taille 20/23, soit deux fois plus petites que nos propres chaussettes, et donc deux fois plus aptes à se planquer dans un trou de souris. Je vous fais grâce des savants calculs, mais grosso modo, le taux de perte a été multiplié par quatre. Et il n’y a évidemment pas que le problème épineux des chaussettes. Il y a aussi la sucette qui disparaît régulièrement et qui, à l’insu de son principal utilisateur, existe en réalité en 12 exemplaires interchangeables ni vu ni connu. Et maintenant, ce sont les barrettes qui ont rejoint le club très secret des chaussettes et des sucettes volatilisées. Franchement, j’ai abandonné l’idée de faire à ma fille des coiffures symétriques parce que les barrettes sont absolument toutes dépareillées : une raie à gauche et hop, tout est fixé à droite avec la barrette rescapée. Et pour finir, la liste ne serait pas complète si je n’évoquais pas les pièces de puzzle qui démissionnent régulièrement de leur poste. Hyper agaçant (surtout quand le puzzle fait 6 pièces).
L’avantage, c’est qu’au quotidien, on n’est jamais à l’abri d’une bonne trouvaille… entre les coussins du canapé par exemple ;)

De gros gros progrès en zoologie

Avant, il y avait quand même deux-trois trucs que je savais, comme le trio sanglier-laie-marcassin. Mais, je dois l’avouer, l’agneau était de la viande, la brebis du fromage, et honnêtement, la filiation entre les deux animaux, désolée, je l’ignorais. Sans compter que Monsieur est un dieu de la connaissance animalière (il n’a aucun mérite, son père est photographe animalier amateur) : il est du genre à apercevoir des guêpiers sur le bord de la route (en toute honnêteté, j’en entendais parler pour la première fois et je m’attendais à voir des messieurs guêpes ; perdu ; mais comme je suis bonne joueuse, je reconnais sont de très beaux petits oiseaux), et quand il voit des moineaux, il ne dit pas « moineaux » comme tout le monde mais il précise de quel moineau il s’agit, du style « oh un moineau friquet » (« Gnagnagna » étant la seule réponse possible de mon côté). Jusque là je vivais hyper bien mon inculture animalière. Mais en bonne mère de famille, j’ai décidé de me prendre en main pour ne pas inculquer n’importe quoi à ma fille. J’ai donc investi dans un imagier d’animaux avec les noms marqués dessus au-cas-où-si-jamais. Et je révise au fur et à mesure que ma fille apprend. Et bon au zoo, franchement, maintenant, je suis moins perdue.

Les trajets en mode parcours de santé

Quand on est adulte, pour aller d’un point A à un point B, et bien, on marche du point A au point B. Gauche, droite, gauche, droite, à un rythme constant, normal quoi.
Là, avec ma fille, à chaque fois qu’on revient de l’école, j’ai l’impression de faire des fractionnés et un parcours de santé en même temps. Tous les rebords des immeubles font office de formidables poutres sur lesquelles elle fait l’équilibriste, ils font également office de marches sur lesquelles elle fait sa séance de step. Après, elle donne tout en sprintant sur 3 mètres (ouais, je ne tolère pas plus, parce qu’avec la poussette et mon fils dedans j’exige qu’elle ne s’éloigne jamais trop de moi), puis elle traîne la patte sur 10 mètres, parce qu’il faut bien qu’elle récupère. Et je ne vous parle même pas de la portion en pas chassés et de celle à cloche-pied. C’est marrant comme on oublie que, petits, on était tout aussi irréguliers dans notre façon de nous déplacer.
En tout cas, ça fait sourire les passants quand ils croisent Davina sur leur chemin. Et puis ça me fait sourire aussi !

Des accès incroyables de flemme

Il y a des soirs où, une fois que tout le petit monde est couché, que la cuisine est en ordre et que la salle de bains a repris une allure normale, je suis HS puissance 22. Et je me mets en mode flemmarde de l’extrême.
Un exemple. Lorsque je suis installée bien tranquille dans mon lit, mon cerveau continue à lister des tâches à planifier pour les jours suivants. Comme ma mémoire n’est pas ultra fiable, je juge utile de les noter. Sauf que mon todo book et mon stylo sont trop loin (toute distance nécessitant que je me relève étant considérée comme « trop loin »), alors je tends la main, je prends mon portable et je m’envoie des mails. Des reminders que je recopierai scrupuleusement sur mon carnet le lendemain matin. Ou je m’envoie des textos, que je fais exprès de laisser en non lus jusqu’au lendemain.
Ou encore, si une fois couchée, je m’aperçois que je suis à court de San Pellegrino, au lieu de me relever pour parcourir 6 mètres, j’envoie un texto à Monsieur qui par chance est resté dans le salon. Franchement, c’est pas glorieux. Même que j’entends son mobile qui bipe quand mon texto arrive. Evidemment je ne lésine pas sur les formules de politesse et j’annonce que j’accepte que le ravitaillement arrive au moment où il se couche (il ne manquerait plus que je sois désagréable). Et si jamais écrire un texto me demande des efforts titanesques, je l’appelle. Téléphoniquement. Avec une petite voix pour être crédible. Et je souris quand j’entends sa réponse en stéréo différée (car oui, il y a un décalage de quelques secondes entre sa réponse en live de l’autre côté de la porte et la version restituée par les nouvelles technologies) (et je souris parce que j’ai de la chance).

Des cordes vocales sursollicitées

Et non, ce n’est même pas que je hausse spécialement le ton !
D’une, je ne l’avais pas spécialement anticipé mais le fait est que je suis toujours en train de parler… contrairement au boulot où je pouvais rester parfaitement muette pendant une heure devant mon ordinateur, les écouteurs vissés dans les oreilles. Ici, pas vraiment le choix. On joue, on discute, on lit, j’interdis, je répète, je bats le rappel pour les repas, je réponds aux questions qu’on me pose (par milliers !) : c’est du non stop.
De deux, j’ai pris conscience que quand on s’adresse à des enfants, on ne parle pas normalement. Ce n’est pas compliqué : Chantal Goya, c’est moi. Je parle sur un ton ultra enjoué, j’apostrophe mon auditoire pour l’impliquer, je surjoue, je pars dans les aigus, je chante, j’articule à outrance. Et en bonus (rien à voir avec Chantal Goya pour le coup), j’imite des cris animaux. Assez mal mais avec beaucoup de conviction. Puis je ris de bon cœur aussi.
Et moralité tous les soirs quand je me couche, ça ne loupe pas : j’ai l’impression d’avoir une énorme pharyngite.

La dèche des textos

Vie sociale entre parenthèses + vie professionnelle en veille = moins d’occasion d’échanger = moins de textos émis et reçus. Pas besoin d’un master de prévionniste pour s’y attendre mais je n’imaginais pas que les textos rescapés seraient aussi peu exaltants. La facture mensuelle SFR, les commandes arrivées au point Relais Colis, le service reminder du pédiatre pour le rdv du surlendemain, la promo VertBaudet, le fameux SMS que je me suis auto-envoyé la veille au soir…
Ah ça, quand je reçois un texto, je sais que dans 80% des cas, ce sera de l’administratif ou du commercial, donc on ne peut pas dire que je frétille comme un gardon au moment de déverrouiller mon clavier ;)
Mais bon, il y a les 20% restants me font toujours autant plaisir, et c’est le principal !

Les soirées entre copines prévues 2 mois à l’avance

Oui alors, ce n’est pas un scoop mais ça se vérifie bien chez moi : la parentalité a instantanément sonné le glas de l’afterwork improvisé (puis maintenant avec mon congé parental, pas de work, et par conséquent pas d’afterwork : logique). Qu’à cela ne tienne : il n’y a qu’à programmer un apéro et s’organiser en fonction. Sauf que chez les participantes, on est plusieurs à avoir des contraintes similaires. Entre les activités sportives/culturelles des unes et les tours de garde des autres, pour planifier une date il faut limite avoir des compétences de wedding planner, et au minimum 1/ largement anticiper 2/ prévoir 58 dates possibles et donc lancer un Doodle. Pour couronner le tout, souvent, au dernier moment, il y a une défection de dernière minute, pour cause – au hasard –  d’épidémie de grippe à la maison.
Mais en définitive, le côté plus épisodique de ces trinquages leur donne plus de saveur. Et c’est chouette.

Les WE entre potes, kids included, où on partage tout

Vraiment tout. Le plaisir de se revoir, sa trousse de maquillage, du bon vin, un bon repas… et une bonne gastro généralisée. Véridique. 21 participants (12 adultes, 9 enfants), 21 malades la semaine suivante : c’est ce qui s’appelle un carton plein. Et la discussion Facebook qui nous avait permis de nous organiser avant le WE s’est vite muée en concours du pire vomi constaté (oui parce que les enfants gèrent généralement mal un vomi, il n’y a que nous – les adultes – pour avoir la présence d’esprit de courir aux toilettes avant qu’il ne soit trop tard).
Bon finalement, ça nous fait un souvenir original qu’on n’est pas près d’oublier.

Du DIY en veux-tu en voilà

Et je ne parle pas de déco, mais essentiellement d’esthétique.
Oui car quand on est en congé parental, on a ses enfants tout le temps. Exit donc, par exemple, la séance chez l’esthéticienne en présence de sa progéniture (en dehors de leur patience potentiellement limitée, je n’ai pas spécialement envie de les traumatiser). Conclusion, j’ai repris les bonnes vieilles habitudes de quand j’étais ado : je fais un max de trucs moi-même, à domicile. A l’époque c’est parce que, argent de poche oblige, je faisais attention à mes dépenses. A présent, c’est plutôt une question d’organisation (mais niveau budget, je reconnais que ça ne fait pas de mal en fait) : en semaine, je ne peux décemment pas trimbaler mes enfants à mes rendez-vous perso, et le WE, franchement, je préfère privilégier les loisirs en famille ou entre amis. Fini donc l’institut de beauté… je me suis rééquipée et je gère pendant la sieste des enfants. Niveau gym, même combat : le replay de Gym Direct, un tapis et c’est parti, là encore pendant que les enfants dorment. Pourvu que la sieste soit encore dans leurs habitudes pour un petit moment !

Des canulars sur mon Facebook (merci les enfants !)

Je ne suis peut-être pas la seule, mais je me fais régulièrement subtiliser mon portable par les enfants de cette maison. Je suis sûre qu’ils m’observent discrètement pendant qu’ils font mine de jouer aux Petits Poneys. Ils récupèrent mon portable en douce alors qu’il n’a pas eu le temps de se réverrouiller et se déplacent avec une agilité déconcertante dans les applis. Sur Android ET Iphone, leur agilité étant sans borne. Et bref, déjà que mon profil a pris du plomb dans l’aile (des statuts perso qui commencent à sentir la naphtaline et des likes sur des fanpages qui manquent singulièrement de paillettes, genre cuisinistes et magazines sur la famille, à l’image de mes préoccupations du moment), je disais donc, déjà que mon profil a pris du plomb dans l’aile, mes enfants prennent un malin plaisir à liker des trucs improbables à ma place et à inviter en amis des gens que je ne connais pas. Déjà, il faut pouvoir s’en rendre compte. Puis agir en conséquence. C’est-à-dire, dans le cas d’un « like » : désaimer le truc illico-presto et faire comme si de rien n’était. En revanche, s’agissant d’une invitation-par-erreur, deux cas de figure. Si la personne me met clairement un vent et refuse perspicacement mon invitation : tant mieux. En revanche, si elle l’accepte, là, merci le malaise. « Mince, désolée, ceci était une invitation non intentionnelle envoyée par ma fille de 3 ans » + une petite formule sympathoche de politesse, de rions un peu sur cette situation gênante et de bonne continuation : généralement, la rupture se passe bien ;)

Sur ce, il ne me reste plus qu’à vous souhaiter de belles fêtes de fin d’année !

A propos de l'auteur

Trentenaire pour quelques petites années encore, lyonnaise d'adoption, maman de deux enfants, en quête perpétuelle de bons plans pour se simplifier la vie !

4 Responses

  1. Angel

    Bonjour.
    Pour les nouveaux observateurs de votre site. Pouvez vous remettre l’article premier de « 10 signes qui montrent qu’on est devenu parents ». Bonne annee a vous. Joie bonheur sante. Que votre fille mange mieux.
    Nous il mange depuis une semaine des pates aux oeufs facon omelette depuis 5 jours tous les midis, avec plaisir. Alors on execute. Plein de beurre. Des proteines. Des feculents. Le tour est joue.
    A bientot.

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    • Mon petit doigt m'a dit

      Bonjour Angel ! Oui bien sûr, avec plaisir ! Le texte qui y fait référence est normalement cliquable, mais si cela ne fonctionne pas, voici l’adresse : http://www.les-doigts-dans-le-nez.info/day-by-day/10-signes-on-est-parents :)
      C’est spectaculaire pour votre fils ! S’il a de l’appétit et qu’il a plaisir à manger, c’est une bonne nouvelle !!
      C’est très gentil à vous, merci ! Très bonne année à vous également :) Que 2016 vous apporte plus de sérénité pendant les repas, et qu’elle permette à votre fils de se réconcilier avec la cantine :) Bonne rentrée demain et à bientôt !

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  2. Angel

    Bonjour bonjour.
    Pas de nouvel article en 2016…
    Je sais plus si je vous l’ai dit. Mais je vous souhaite une tres bonne annee 2016. Pleine de bons repas en joie. Pleine de decouvertes. Et pleine de gros calins en famille. Pleine d’amour et tout et tout.
    Nous avons commence un nouveau cahier pour mon fils. Nous collons toutes les etiquettes ou photos d’aliments qu’il aime. Bon pour l’instant il y a beaucoup de chocolats et desserts. Mais ca le motive a gouter de nouveaux produits. Nous n’avons plus de vomi. Nous avons des repas partages dans le calme. Je pense que nous sommes sur la bonne voie, meme si nous avons un peu ralenti les massages. Au grand desespoir de l’orthophoniste. Mais je m’y remets. Promis. Bonne soiree. A bientot sur vos lignes

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    • Mon petit doigt m'a dit

      Bonjour Angel ! Vous avez raison, je ne suis pas très assidue en ce moment : j’ai trois brouillons en attente, il faut absolument que je trouve le temps de les publier !! Oui, vous aviez eu la gentillesse de me souhaiter une bonne année : merci pour votre message et merci pour vos voeux qui me font très plaisir ! Très bonne année à vous aussi, que votre fils continue à bien progresser et à manger avec gourmandise, et que vous soyez définitivement libérée de ces repas trop longtemps compliqués ! C’est une très bonne idée le cahier : sur les conseils de notre orthophoniste, nous avons récemment commencé la même chose (avec un classeur) ! Vous devez être soulagée si les vomis ont disparu et si les repas sont plus sereins : félicitations à votre fils ! Oui, continuez bien les massages, c’est la clé ;) Passez une bonne journée et à très bientôt !

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