Dur dur de publier quelque chose après ce triste vendredi.
Impossible de ne pas se sentir concerné quand ce sont nos sosies qui ont perdu la vie.
Difficile de retenir ses larmes à la lecture des témoignages et des hommages relayés sur les réseaux.

La stupeur, l’effroi, la radio rallumée au milieu de la nuit, les notifications « signalé en sécurité » qui arrivent au compte-goutte sur mon Facebook, comme des petits soulagements qui n’allègent pas pour autant ce parpaing que j’ai dans la poitrine, le sommeil qui ne viendra pas.
Aller voir ma fille et mon fils, entendre leur respiration calme et candide, vouloir les étreindre et leur répéter cent fois combien je les aime, me raviser et les laisser aux bons soins de leurs doudous et de leurs illusions d’enfants.
Je rejoins mon amoureux. On ne dit rien. On écoute la radio dans le noir. Et on se serre très fort.

La brume dans ma tête au réveil, une atmosphère cotonneuse dans la rue. Certainement parce qu’on est tous incrédules et silencieux sur le trottoir ce matin-là, certainement parce que la nuit a été courte pour tout le monde, certainement parce que le réveil est douloureux pour chacun. J’aperçois au loin l’un des vendeurs des magasins d’en bas de chez moi. D’ordinaire on se salue vite fait. Mais là, je ne sais pas, j’étais soulagée de voir un visage connu. On s’est fixés jusqu’à arriver au même niveau. On se dit bonjour, on se demande si ça va, pour la première fois. Dans un mélange de tristesse, de bienveillance et de pudeur.

Depuis Oasis à Grenoble en 96, les concerts sont dans mon ADN. Depuis mon premier verre à la soirée des bac winners avec mes copains de classe, les apéros entre amis sont dans mon ADN. Maintenant qu’on est parents, ce sont même les seules sorties qui ont résisté à la réorganisation de notre rythme de vie. Parce qu’on aime rire et trinquer avec nos potes, parce qu’on aime les lives et les bains de foule qui vont avec. Alors l’empathie fonctionne à plein régime depuis vendredi et elle me pique les yeux.

Mercury Rev tourne en boucle sur mon ordinateur.
Je retombe sur une photo que la chanteuse Ornette avait prise depuis la scène en 2011. Elle l’avait postée sur sa fanpage, c’était pour l’Eclat Final des Nuits de Fourvière. Dans la foule je nous vois : Gladou, Fabien, Emilou, Lulu, Chris, mon amoureux et moi. C’était une très très chouette soirée. Et une chose est sûre : ce n’est pas demain la veille qu’on arrêtera d’aller en concert et de commander des tournées.

A propos de l'auteur

Trentenaire pour quelques petites années encore, lyonnaise d'adoption, maman de deux enfants, en quête perpétuelle de bons plans pour se simplifier la vie !

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